[Récit] La mort n'est qu'une étape.

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[Récit] La mort n'est qu'une étape.

Message par Illyana Zarkoff le 28.10.15 16:49

« C'est la fin, Raskolnik, nous ne survivrons pas. »

Raskolnik tourna la tête vers sa cousine qui s'était lentement laissée affaisser dans ses voiles de mariée contre le mur de la bibliothèque où ils avaient trouvé refuge. Les voraces qui étaient parvenus à franchir la barricade construite pour les cantonner dans la salle de bal la veille se promenaient désormais librement dans les couloirs lambrissés en geignant et en titubant, on les entendait régulièrement revenir gratter à la porte.
Béni soit le vieux Zarkoff, un maniaque des livres qui avait fait de cette salle un véritable coffre fort. Nul ne pouvait entrer ici. L'ennui, c'est que personne n'en pouvait sortir non plus.
Raskolnik jeta un coup d'oeil vers Zarkoff fils, qui tournait en rond en usant le parquet, inconscient de l'abattement soudain de sa femme. Il vint ensuite prendre les épaules d'Illyana et la secoua rudement en murmurant sur un ton pressant « Pas toi, Illyana, si tu craques tout le monde craque. Il y a forcément une solution, une issue ! Regarde ce que nous avons récupéré, ça ne te dit rien ? »

Illyana tourna un œil hagard vers les produits ménagers rassemblés en tas sur une table proche. D'une main lasse, elle retira son voile de mariage tout déchiré et le tissu glissa lentement en libérant ses cheveux d'un noir vespéral, assortis d'une mèche blanche traîtresse.
« Non, je...
- Réfléchis ! »
Illyana allait protester de nouveau. Elle était épuisée, elle voulait se reposer, elle voulait mourir. Il y avait des armes ici, mais le nombre dérisoire de leurs charges rendait leur usage contre la horde au dehors parfaitement risible, il avait donc été décidé de les garder pour...pour un ultime recours. Sous l'impulsion de son cousin, la mécanique de son cerveau se mettait en branle malgré elle, et à sa grande horreur, la forçait à désassembler mentalement les composants des produits que l'on étalait sous ses yeux pour les réassembler en objets utiles et mortels. Le détail lui apparaissait clairement, imprimé en lettres grasses sous sa rétine et elle enregistrait en silence dans une immobilité soudaine à laquelle Raskolnik ne se trompa pas. Il la relâcha doucement pendant qu'elle se traînait à quatre pattes comme un animal vers le tas et en tirait avec une frénésie soudaine une demi-douzaine de produits.

« SERGUEÏ ! » cria-t-elle enfin, appelant son mari avec une exaltation aussi soudaine qu'inquiétante, « Il me faut du carton, BEAUCOUP DE CARTON. »

Le père de Sergueï se tourna vers son fils, un sourcil élégant arqué sur le front et murmura d'un air de confident : « Ca y est, elle a perdu l'esprit.
- Ne dites pas de sottises, père, » répondit tranquillement Sergueï en écrasant sa dernière cigarette dans le cendrier qu'on lui présentait. Puis se redressant en rajustant sa queue de pie, il marcha à grands pas vers son épouse qui ouvrait les boîtes en hâte. « Des feux d'artifice, Solnyechka, quelle ravissante idée pour notre mariage. »
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Message par Illyana Zarkoff le 29.10.15 0:36

L'horreur de cette journée, Illyana se la rappelait avec plus de détail qu'il n'est nécessaire à un esprit d'en retenir. Elle procéda à une découpe minutieuse avec la précision d'un scalpel. Son esprit était un ordinateur, sa mémoire, un disque dur; les encombrer revenait à entraver le fonctionnement optimal de l'ensemble.

Elle se tenait assise, dans le minuscule laboratoire qu'on leur avait alloué dès leur arrivée sur le Quitte ou Double à l'issue de leur sauvetage mouvementé. D'autres mordesh avaient succombé à ce que l'on appelait désormais "la Contagion" et le nom qui s'était naturellement imposé pour les nommer faisait frissonner Illyana, non pas d'une compréhensible horreur primale, mais de gêne : Quoi, on se trouvait au faîte de la civilisation, maîtres de l'Esprit et de la Matière et l'on n'avait pas mieux que revenir chercher dans l'imaginaire populaire un nom tiré de contes pour enfants, un nom qui renvoyait à la peur et non à la raison ? Les Voraces. Illyana préférait les appeler avec pudeur : "nos malades".

Le flacon déposé au centre de son bureau miroitait dans la pénombre. Le couvre-feu arrivait de plus en plus tôt afin de ménager les moteurs et l'aura rouge des éclairages d'urgence posait sur toute scène un voile sinistre. Ce flacon avait autrefois irradié un vert accueillant, une couleur brillante et moirée qui signifiait "vie" pour quiconque l'admirait. Il paraissait désormais teinté de sang. Par quels procédés mystérieux, par quels moyens la vie primaire concentrée dans cette simple dose pouvait-elle provoquer les effets déséquilibrants majeurs observés sur les contaminés ? Un effet si pernicieux que le meilleur d'entre tous n'en avait pas été averti à temps. A moins qu'il l'ait été. Qui pouvait dire jusqu'où la soif de reconnaissance pouvait entraîner Lazarin ?

« Solnyechka. »
Illyana tressaillit. Elle avait entendu Sergueï arriver mais l'éclairage rougeâtre accusait ses traits d'une fascinante manière. Le dessin sensuel de ses lèvres s'étirait dans une expression de curiosité polie. Il vint poser ses mains sur les épaules de sa femme et Illyana releva l'une des siennes par dessus. Sergueï ne lui laissa guère le temps de savourer le contact, ses doigts rejoignait déjà le flacon qui trônait au centre de la table.
« Un désir de mort, Solnyechka ? » demanda-t-il en admirant à la lumière chiche de l'unique éclairage de la pièce les reflets rouge sombre qui luisaient sur le verre poli.
« Aucunement, » mentit Illyana en croisant les jambes et en le suivant du coin de l'oeil. « D'ailleurs, je vais le brûler.
- Ce serait assurément une perte, mon étoile. Qui sait s'il aurait sur nous l'effet dévastateur qu'il a eu sur tout le monde. Avouez... (Sergueï vint pencher sur elle son visage fin) ...vous pensez vous aussi que tous ceux qui y ont succombé étaient simplement faibles d'esprit. »
Il vint lui remettre le flacon et s'assit face à elle. Illyana caressa le verre d'un revers de pouce.

« Je gage que vous avez le vôtre. » dit-elle enfin après qu'ils se furent longuement mesurés du regard. Sergueï se contenta de tirer le sien de sa poche. Il avait retrouvé au contact rude des exilés son habitude de s'habiller avec le premier vêtement qui lui tombait sous la main au matin. Son sweater troué arborait sur le torse un jabbit imprimé.
Tous deux levèrent ensemble leurs mains qui tenaient les flacons dans un geste solennel. D'un même geste, ils les débouchèrent.

« Pour l'éternité, mon bien-aimé.
- Pour l'éternité, Solnyechka. »

Ils burent.
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Message par Illyana Zarkoff le 02.11.15 20:31

C'était comme un soupir soutenu dont le murmure avait mis longtemps à alerter l'oreille d'Illyana. Personne ne pénétrait jamais dans cette partie des couloirs du vaisseau, ils lui étaient seuls réservés. Plus d'un curieux indélicat avait autrefois pris la liberté de cueillir ses roses, dont les trames poussaient librement contre les murs du couloir en vie presque anarchique et cette section était désormais inaccessible aux visites. La question des roses, dont personne n'ignorait qu'Illyana les surveillait avec une possessivité farouche qui confinait à la paranoïa, avait constitué une bonne excuse.

Illyana se leva en rajustant son haut col de coton blanc autour de son cou fin. Ses ongles soignés tiquèrent contre le métal des anneaux de vitalus qui l'enserraient, constituante indispensable de la machinerie complexe qui distribuait le remède à travers ses organes. Comme toujours, elle effleura pensivement l'acier poli sous ses doigts avant de remettre les gants qu'elle avait ôtés pour écrire. On disposait de pads, on disposait d'infochrons, mais jamais Illyana n'avait pu se départir de cette habitude héritée de son père d'écrire sur du véritable papier. Le vaisseau disposait d'une petite presse qui fonctionnait selon les besoins et qui sortait un papier grossier à bordures effilochées et à gros grain, mais plus satisfaisant sous une plume que tous les infochrons du monde sous le doigt.
Tous ses gants étaient doublés d'épais latex médicaux destinés à empêcher la contagion d'atteindre ceux qu'il lui arrivait de toucher par inadvertance. Elle les ajusta à ses doigts en quittant la pièce, le talon de ses longues bottes souples claquant sèchement sur le bois du plancher qui garnissait son bureau. Le murmure n'avait pas cessé, elle le suivit à travers la véritable garenne de couloirs qui constituaient les quartiers privés des membres de l'équipe médicale. Un sas se trouvait ouvert qui aurait dû se trouver fermé, Illyana y glissa une épaule et s'appuya contre un panneau d'acier pour écouter.

La voix modifiée de Sergueï lui parvenait cette fois nettement, modulée par son transposeur vocal. Il s'en servait, avec un talent certain, pour imiter la voix des animaux; celle du jabbit qu'il incarnait à ce moment était pressante, inquiète et geignarde. Il reprit aussitôt le timbre grave qui était le sien en retrouvant le cours de la narration. Quelque chose roula sous le pied d'Illyana quand elle pensait entrer discrètement dans la chambre entrouverte. Sergueï s'interrompit et lui tendit la main pour l'inviter à le rejoindre tout à fait. Illyana retira ses gants avant de venir la prendre et de se laisser délicatement ramener sur son genou. Assurant la prise de son bras raide autour de la taille de sa femme, Sergueï poursuivit en faisant tourner du pouce la page qui s'étalait en long sur son infochron. Rien au monde ne l'eût arrêté. Illyana avait autrefois émis des doutes concernant cette activité mais Sergueï les avaient repoussés avec son optimisme coutumier.
Il s'arrêta pourtant, peu habitué au silence religieux observé par son épouse habituellement prodigue en remarques...et bien, d'épouse, et tourna vers elle le visage fané dans lequel elle retrouvait constamment les détails de l'antique beauté qui avait été la sienne. Ses cheveux bouclés, marqueurs chez lui d'une nature joyeuse et facétieuse étaient tout à fait tombés. Sa bouche et son nez n'étaient plus qu'un souvenir et le profil macabre de ses dents se distinguait à travers la brume de vitalus vert dont sa vitre maxillaire était remplie. Du pouce, il vint doucement effleurer la pommette d'Illyana, et sans doute lui rendait-il son regard parce qu'il murmura : « Vous ne râlez pas, solnyechka, êtes-vous souffrante ?
- Un instant de lassitude, mon étoile, rien qui puisse vous inquiéter. »

Ensemble, ils tournèrent un regard vers le cryo-cercueil dérisoirement petit à côté duquel Sergueï avait pris place. Tous deux connaissaient l'origine de cette lassitude, aucun donc ne l'évoqua davantage. Avec une tendresse étrange, Sergueï appuya contre la tête de sa femme son propre crâne dans lequel il avait planté ce jour là de délicats câbles polis réunis en catogan, et les chevelures synthétiques se mêlèrent amicalement alors qu'ils regardaient dans la même direction. Le synthétiseur vocal de Sergueï résonna gravement contre l'oreille d'Illyana quand il murmura à nouveau : « Notre ange dort, solnyechka, n'est-elle pas merveilleuse ? »
Une buée permanente s'accumulait sur la vitre du module, au travers de laquelle une enfant semblait dormir, les yeux mi-clos, saisis dans un demi sommeil par le gel. Des larmes s'étaient cristalisées au coin de ses paupières bordées de cils blonds, sa bouche était maintenue entrouverte par un tube transparent. Ses cheveux clairs s'éparpillaient sur son front et retombaient en auréole gracieuse tout autour de sa tête sur l'oreiller de gel cryostatique contre lequel elle reposait.
Illyana se leva et vint déposer sa main nue à plat contre le verre, Sergueï sur ses talons. Il vint refermer ses deux mains nues sur ses épaules, et tous deux contemplèrent en silence le seul trésor qui leur restait.
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Message par Illyana Zarkoff le 08.11.15 15:52

Ilyana sentait à peine le contact rêche du tissu contre sa joue, c'est l'odeur puissante du désinfectant que l'on utilisait dans la lessive du vaisseau qui l'éveilla tout à fait. Les couloirs défilaient dans la pénombre sous son regard entrouvert; la porter imprimait au pas alourdi de Sergueï un mol balancement qui l'eût sans doute bercée en d'autres circonstances.
« Cela ne peut pas faire si longtemps.
- Quatre heures, katyonak. Vous dormiez à poings fermés sur la vitre du sarcophage, je me suis accordé une autre heure pour vous regarder.
- Vraiment.» répondit simplement Ilyana.
Sergueï glissa sa main gantée contre la nuque de sa femme, où il aimait la loger. Ses yeux souriaient mais pas sa bouche, et ce depuis bien longtemps. Il se fraya un chemin à coup d'épaule dans les roses trémières qui interdisaient le passage comme d'antiques ronces dans un château de princesse. Pour une raison inconnue, les fleurs se plaisaient particulièrement dans le vaisseau et Ilyana avait publié tout une page blog d'étude sur la culture de différentes espèces en milieu confiné.  Nombre de ses essais dans le réglage de la ventilation du vaisseau, destinés à effectuer des tests sur les fleurs avaient parfois eu des effets curieux sur le reste de l'équipage et l'endroit se trouvait désormais coupé du reste de l'espace à vivre avec ses propres humidificateurs et ses propres réserves de gaz. L'humidité rongeait les vieux panneaux d'acier et Sergueï songeait à remplacer les murs les plus touchés dès leur prochaine halte sur Nexus.
« La douche. » marmonna Ilyana alors que Sergueï se dirigeait droit vers leurs pods de repos pour l'y allonger. Il tripota les zips de sa combinaison en expert et l'effeuilla comme une poupée pendant qu'elle se laissait mollement faire. Les choses commençaient à devenir intéressantes quand le haut parleur qui donnait sur leurs appartements s'activa. « Le professeur Gourov attend dans le hall. » annonça la standardiste de sa voix éternellement blasée.
« Laissez le moisir, mon étoile. » laissa tomber Sergueï dans le cou de sa femme d'une voix de décodeur étouffée alors qu'il la sentait se redresser. « Allons-y, monsieur Zarkoff. »
Sergueï s'assit résolument sur le côté du pod de repos. « Allez-y seule, solnyechka. »

Le professeur Gourov attendait tout droit dans le hall en tenant sa serviette médicale contre lui du geste universel de ceux qui ont la bureaucratie dans le sang. Ilyana s'était accordé dix minutes de plus pour se changer, remplacer les réserves de vitalus à ses poignets et se recoiffer; les câbles de sa chevelure retombaient gracieusement sur ses épaules et dégageaient ses oreilles et son visage, pareil à celui d'antiques sculptures. Elle s'arrêta devant lui, très droite, les mains jointes au creux de son dos.
« Gourov. » salua-t-elle simplement.
« Zarkoff. » lui répondit-il sur le même ton.
Un groupe d'urgentistes passa en trottant, accompagnant un lit médicalisé flottant pendant qu'ils s'affrontaient en silence d'un regard méprisant. Ilyana laissa le temps au silence de revenir, mais Gourov, pressé, la pris de vitesse. « Sergueï est absent ? » demanda-t-il avec une discourtoisie aussi sonnante que le soulagement qui transparaissait dans le rendu synthétique de sa voix. « Il  l'est. » se contenta de répondre Ilyana avec tact, sans prendre la peine de préciser les noms dont son époux avait qualifié le visiteur pendant tout le temps qu'elle avait pris pour se laver puis se vêtir. Une dernière fois à la porte il avait tenté de la convaincre d'oublier l'énergumène et de le laisser se déssecher indéfiniment à les attendre, sans espoir de la faire fléchir. Après tout, ne l'avait-il pas également épousée pour cela ?

« Allons-y. » ordonna Gourov en homme habitué à se faire obéir dès qu'il posait le pied dans le bâtiment. Ilyana cependant ne bougea pas. La tête penchée, son visage calme reflétant une profonde réflexion, elle finit par relever les yeux pour livrer le fruit de ses conclusions diverses en une simple question : « Que venez-vous faire ici, monsieur ? »
Gourov tiqua, il n'avait pas prévu qu'on lui demande des explication. Le simple fait qu'il se mit à en fournir donna raison à Ilyana quant au motif non officiel de sa présence et il le savait aussi bien qu'elle. Il se redressa de toute sa hauteur dédaigneuse, sa voix avait comme toujours le tranchant de l'acier « Pour quelle autre raison que celle qui me pousse en permanence à débarquer sur ce raffiot , directrice ? Je viens voir Ania.
- Certainement, monsieur. Puis-je voir l'autorisation délivrée par le directeur Lazarin ?
- Ne jouez pas ce jeu, Ilyana.
- Je ne joue pas, monsieur, répondit Ilyana avec surprise. Êtes-vous donc venu sans autorisation ? »

A nouveau, Gourov tiqua, sa paupière inférieure palpitait discrètement. Quelque chose dans son attitude se désagrégeait lentement, comme le vernis appliqué sur un bois pourri s'écaille doucement une fois la première fêlure frappée. Le droit de venir en maître sur le navire d'Ilyana n'avait pas été le moindre de ses plaisir lors de ces derniers mois, durant l'enquête mandatée par l'ASX. La femme était sévère, austère et véritablement déplaisante de rectitude quand rien ne pouvait la faire plier sinon l'autorité supérieure d'un papier signé. Sa lèvre se retroussa de dédain.
« Vous m'agacez, Zarkoff.
- J'en suis navrée, monsieur.
- Demain, je viendrai avec votre satanée autorisation, dit-il d'une voix douce en venant pencher sur elle son visage aux traits accusés et brutaux.
- Demain, je serai là, monsieur. On va vous raccompagner, monsieur. » répondit Ilyana apparemment inconsciente de la menace implicite, en faisant un geste en direction d'un appariteur. Rien dans son attitude n'indiquait la moindre trace d'ironie quand elle raccompagna elle-même le scientifique jusqu'à son pod d'embarquement. La petite lueur de colère avait cédé à la bonhommie dans le regard de Gourov. Il serra même la délicate main gantée qu'elle lui tendait en rendant à égalité toutes les marques de politesse dont Ilyana l'entourait.

« Il est cinglé. » grogna Sergueï dans l'écouteur qu'Ilyana avait raccordé de son infochron à son oreille, dès que la porte blindée fut retombée dans le dos du visiteur et que la détonation sèche des fusées de lancement indiquèrent que la capsule s'était détachée avec succès. « Vous auriez dû lui donner la nacelle défectueuse. »
« Ce serait fort discourtois, dorogoy, je n'en ferais rien. » répondit Ilyana en déambulant paisiblement dans les couloirs en direction de son atelier.
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Message par Illyana Zarkoff le 10.11.15 13:35

Dans les lumières bleutées de la cabine du capitaine, Ilyana, Sergueï et Pavel regardaient sur l'infochron du dernier évoluer un point bleu sur la carte agrandie du secteur où ils naviguaient depuis la veille. Sergueï s'était renfoncé dans un silence prudent en s'adossant très lentement contre le dossier de son fauteuil tandis que sa femme et son ami devisaient à mi-voix sur le trajet pris par le bâtiment ennemi. Un appel urgent fit disparaître la carte de la surface polie du vieil appareil et Pavel se hâta d'aller voir ce qu'on lui voulait encore, laissant seul le couple des Zarkoff.

Dès que la porte à vérins se referma, Ilyana se mit en silence à trier des papiers. En esprit, elle comptait.
« Katyonak.
- Kotik. Trois et sept dixièmes ajouta-t-elle à mi-voix. » Sur son infochron, un point lumineux alla s'établir discrètement en clignotant sur une courbe fort longue qui variait plus ou moins en intensité.
« Un abordage, dit Sergueï avec une sourde intensité sans se laisser arrêter au petit jeu d'Ilyana dont il avait compris depuis longtemps qu'il servait à mesurer la promptitude avec laquelle il réagissait à certaines nouvelles.
- Sergueï.
- Un minuscule, un tout petit abordage de rien du tout. » poursuivit Sergueï en se levant. D'un geste, il vint relever sa femme et l'entraîna sur un pas de valse avant de la recevoir dans ses bras et de la pencher en arrière sur la fin du mouvement. Ses mâchoires à vif remuaient dans la brume verte de sa vitre maxillaire avec une sensualité fort déconcertante quand il murmura : « Une broutille, Alpha et Omega de mon existence...
- Sergueï.
- ... mon Nexus, Vie Primaire de mon Vitalus, ma lune de Pirin, mon petit canard en su...oui, quoi, mon âme ?
- Je suis d'accord avec vous, Sergueï.
- Vous l'êtes ? »

Sergueï la redressa, pris au dépourvu par une reddition si rapide. Ilyana retournait vers son bureau en donnant des explications succinctes : « Il est plus petit que nous, il a l'allure d'un navire de plaisance, il est composé d'un équipage restreint et il n'a rien à faire dans cette section de notre ciel. Le temps que la Veuve puisse déployer le nécessaire il aura filé et je ne tiens pas à lui expliquer que nous n'avons rien fait quand un bâtiment suspect et une cible facile s'est aventuré dans notre zone.»
« John. » appela-t-elle en appuyant sur un bouton lumineux à son bureau pendant que Sergueï se renversait à nouveau dans son fauteuil en esquissant avec ses deux poings un mouvement de victoire silencieux.
« M'am ? » lui répondit-on après un moment.
« Crachez cette gomme à mâcher quand vous me parlez et faite savoir aux volontaires de se présenter au second Zarkoff devant le sas. Pendant ce temps, décrivez un détour et retournez vers le champ d'astéroïdes que nous avons passé il y a une demie heure, posez-vous sous l'un des plus gros et émettez un signal de détresse à très courte portée. Je ne tiens pas à ce que la galaxie tout entière vienne voir ce qui se passe. Que tous le personnel qui n'est pas en mesure de se battre aille se retrancher dans les sas de sécurité avec les malades. Que tous les faucheurs embarqués qui ne sont pas de garde se joignent au combat. »

Sergueï avait quitté la pièce. Elle passa sur son infochron. Le petit smiley en forme de tête de mort souriante qui le représentait se déplaçait à vive allure sur le plan du vaisseau, elle était pourtant prête à jurer qu'il ne courait pas.
« Plan du vautour blessé, Sergueï.
- Compris. Je vous aime, étoile de mon éternité. Rejoignez les autres.»

Ilyana rassembla ses affaires pour quitter sa cabine. Dans les couloirs, elle croisa sa soeur en conversation avec Pavel qui se préparait sans doute à rejoindre les pirates improvisés sur le pont. Elle les laissa en paix et se dirigea vers la zone de confinement où un sujet particulièrement délicat tournait en rond derrière une triple vitre blindée. Deux ou trois autres malades s'entassaient là, le vaisseau n'était pas prévu pour les grands effectifs. L'un d'eux, un granok particulièrement imposant, réclamait une arme pour se joindre aux festivités alors qu'il lui manquait toute une jambe et la moitié de la mâchoire. Quelle fascinante résilience. Parce qu'il menaçait de devenir un risque à court terme si on le privait d'un amusement si proche, elle l'autorisa finalement à rejoindre les combattants et c'est en chantant une joyeuse chanson à boire bien graveleuse qu'il clopina dans les couloirs en direction du rendez-vous. Alors qu'Ilyana s'installait avec un livre à côté d'un mineur d'astéroïde encore dangereusement fiévreux qui délirait dans son lit médicalisé, son infochron sonna à nouveau. Sergueï parlait bas.
« Des prisonniers, solnyechka ?
- Arrangez-vous pour qu'il n'y en ai pas, dorogoy.»

Un abordage dans l'espace sidéral était un événement fort tranquille lorsqu'on ne se trouvait pas au cœur de la tourmente. L'essentiel se déroulait en intérieur et il eût été bien gênant que l'une ou l'autre explosion vint faire le moindre accroc aux coques des navires, aussi la plupart des pirates et corsaires de tous acabits avaient développé des techniques particulièrement efficaces pour éviter un combat aussi fastidieux qu'infructueux. Dans le vide, il était facile de couler un bâtiment ennemi mais beaucoup plus délicat d'en obtenir du butin sans dommages et c'était là tout l'intérêt. Les vaisseaux même n'étaient pas le moindre des trésors, dans ces recoins reculés à des milles de toute civilisation et on veillait tout particulièrement à éviter la casse.
En une occasion, l'équipage d'Ilyana s'était trouvé face à un mouchard embarqué sous un faux prétexte et dont la mission était de faciliter le débarquement de ses frères. Ilyana surveillait depuis avec soin tout nouvel embarquement, un soin facilité par le fait que la plupart des gens ramenés sur le navire étaient des militaires de la FCON ou des mercenaires reconnus de la faction Exilés. Elle reconnaissait avec grâce que c'était de bonne guerre, après tout : Ils l'avaient pris aux Cassiens, ce vaisseau médical.

Quand Sergueï vint la chercher, il avait ces gestes déliés et félins du grand fauve satisfait après la bienfaisante fatigue de l'assaut. Le sas d'abordage était toujours ouvert sur un couloir rétractable destiné à permettre les allées et venues entre les deux vaisseaux et Sergueï la guida, un bras solidement refermé autour de sa taille minuscule, dans les couloirs ennemis qu'il avait eu le temps de reconnaître au cours de leur invasion. Ilyana ne demanda pas s'il avait eu des difficultés, elle ne chercha pas non plus à savoir combien de membres se trouvaient dans l'équipage adverse. C'était entre eux une convention établie de longue date qu'Ilyana ne se mêlât pas des choses de la guerre. Sergueï la traitait avec amour de fée, que les dures réalités de la vie eûssent brisée. Elle s'arrêta toutefois sous son bras insistant quand au détour d'un couloir, la forme étendue d'un homme se traîna lamentablement en gémissant dans la langue chantante des Cassiens. Sergueï lâcha un juron mais Ilyana lui prit le poignet quand il voulu relever son infochron et appeler des nettoyeurs. C'était trop tard, elle l'avait vu.
« Maguelone, dit-elle dans son propre appareil, demande à Pavel de t'accompagner et guide un lit médicalisé dans le vaisseau abordé, couloir... (elle chercha brièvement un repère avant de le trouver peint au niveau des yeux, derrière son épaule)... D-2. (Elle s'était agenouillée devant l'homme qui s'était carrément évanoui avec un gémissement étranglé en voyant deux faces de zombis se pencher sur lui.) Mon résonnateur détecte des fractures aux côtes, une hémorragie importante dans la cuisse droite, un oeil brûlé par un tir de blaster et des contusions diverses.
- C'est noté. » lui parvint à retardement la voix sibylline de sa soeur.

Sergueï se laissa doucement glisser jusqu'au sol, le dos contre le mur. En silence, les paupières mi-closes sur ses immenses yeux synthétiques, il regardait sa femme se retrousser les manches, s'assurer que ses gants ne présentaient aucun défaut, puis se baigner dans le sang comme une antique déesse de la guerre, avant de réaliser qu'elle était en train d'effectuer un garrot solide. Il contint le soupir que son synthétiseur vocal risquait de transmettre avec trop d'intensité. Il lui montrerait la baignoire cassienne en marbre noir qui se trouvait dans le butin plus tard.
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Message par Lucius Emerson le 10.11.15 22:24

Le pont principal était désert.
Du moins c'est ce qu'il semblait au premier coup d'oeil, et un second suffit à Pavel pour remarquer la caisse qui se trouvait au mauvais endroit, une poignées de secondes pour la déplacer et un instant seulement pour s'emparer du poignet fin qui se dressait dans sa direction. Il tenait un couteau. Le détail était dérisoire.
Remettant sur ses pieds le jeune garçon qui lui faisait face dans son uniforme soigné, il grogna avec dédain. C'était bien un comportement de Cassien, de laisser derrière les plus faibles et d'envoyer les jeunes gens à la boucherie.
Sergueï le rejoignait de nouveau en essuyant le canon de ses pistolets. Ils échangèrent un regard silencieux alors que le gamin - qui ne devait pas avoir quinze ans passés - relevait le menton et les observait avec fierté.
Il était évidemment trop jeune pour avoir participé aux méfaits commis par le Dominion. Le navire était visiblement un vaisseau de plaisance. A en juger par son couteau, ce n'était pas un combattant, probablement un jeune domestique. Pavel haussa les épaules sans détourner le regard, imperméable aux bons sentiments, et Sergueï tendit de nouveau le bras. La détonation eut un bruit agréable, un chuintement feutré dont la douceur contrastait avec la mort qu'elle annonçait. L'instant d'après, il se tenait derrière l'enfant qui s'effondra contre lui, lui ôtant le couteau des doigts avant que celui-ci touche le sol. Il avait horreur du bruit.

« Vraiment... » chuchota-t-il en remettant d'aplomb le col du petit corps qu'il avait installé sur la caisse avec soin. « Une fois sortis de la flotte, on ne trouve plus aucun homme d'honneur ces temps-ci. Je regrette que celui-ci se soit trouvé sur ce vaisseau. Il était courageux. »
Il parlait trop, se dit Pavel. Bon sang qu'il parlait trop. S'il s'était habitué, au cours des années, à le voir traverser les couloirs des vaisseaux abordés comme s'il se trouvait en promenade, il ne pouvait simplement pas se faire à cette habitude qu'il avait de discuter. De badiner. Et qui, vraiment, portait encore la moindre attention à l'honneur des Cassiens ? Il était bien normal qu'ils se terrent, ils faisaient face à une troupe de mordeshs bien décidés à les passer, tous autant qu'ils étaient, au fil du sabre laser. Et Sergueï poursuivait sa tirade, inconscient comme toujours des protestations mentales de son ami, évitant tout de même de mentionner la jeunesse de  celui qu'il venait d'abattre. Se morfondre dans la culpabilité ne menait jamais à rien de toutes façons. Si tant est qu'il ait pu y avoir la moindre raison de culpabiliser. Après tout, il s'agissait de Cassiens.
« Non, vraiment, Pavel, je ne comprends pas. Rencontrerons-nous un valeureux capitaine un jour ou sommes-nous condamnés à nous battre contre des malappris ? »
Il le vit lever les yeux au plafond et son index se redressa. Une petite langue de fumée blanche commençait effectivement à se répandre depuis la cabine au fond de l'aile qu'ils avaient emprunté.
« Excellent, mon ami. Je vous remercie, j'avais oublié ce genre de protocole. Quand je vous dis qu'ils manquent cruellement d'honneur, » ajouta-t-il en amenant l'infochron solidement arrimé à son poignet devant son synthétiseur vocal. Sa commande se transmit à toutes les oreillettes à portée. « Que tout le monde pense à s'équiper des masques respiratoires, il semble que l'on nous ait gardé quelques surprises. Verrouillez l'accès au Dernier Repos. »
Lui se contenta de presser un bouton sur sa combinaison; son approvisionnement en air ne passait plus par les voies normales depuis longtemps. Il écouta les bruits de courses lointains se répercuter dans les tuyaux et remonter jusqu'à eux en attendant que Pavel se soit équipé en l'observant d'un air blasé. Il s'avança le premier, certain que son ami surveillait leurs arrières, et ouvrit la porte de la cabine. Les trois corps écroulés étaient encore frémissants. Quoiqu'en disent les récits, cette mort là n'était pas plus paisible qu'une autre. S'empoisonner soi-même revenait à s'offrir une agonie lente et douloureuse, et il remarqua que l'enfant inspirait encore l'air vicié malgré ses yeux rouges et ses lèvres violettes. Blotti contre la femme qui était de toute évidence sa mère, il avait dû trouver une poche d'air encore pur entre sa poitrine et sa gorge lors de ce qui devait être leur ultime étreinte. Une honte, vraiment. Il fit un pas sur le côté et leva de nouveau son arme pour abréger la violente agonie, et ressortit sans toucher aux bijoux qui ornaient les cheveux de la femme, ni à la ravissante montre dernier cri au poignet de son époux. Il laissait le pillage à l'équipage.

« Trois personnes, une famille. Des nobles de toute évidence, et sans aucun doute les principaux passagers du navire. »
Il referma pudiquement la porte sans exposer Pavel à une vue si peu ragoûtante. Ce n'était pas nécessaire, et l'inviter à venir regarder aurait été fort discourtois.  
« Allons rencontrer le capitaine. »

Un cri se répercuta dans les conduits, suivi de prières - Sergueï nota que l'homme qui avait hurlé se répandait à présent en supplications. Elles faisaient vibrer le métal et il ne pouvait s'empêcher de trouver le léger ronronnement produit d'une douceur délicieuse. Amenant de nouveau l'infochron à portée de voix, il répéta l'instruction première de cet abordage : pas de prisonniers.
Il n'abaissa pas tout à fait la main : ils étaient devant la porte d'une cabine qu'il supposait être celle du capitaine. Il frappa poliment. Attendit sept secondes qu'une forme de vie se manifeste. Puis il laissa Pavel se charger de la serrure. S'il y avait quelqu'un ici, il se gardait bien de se signaler. Le chef de la sécurité secoua la tête d'un air blasé en poussant simplement la porte : elle n'avait pas été verrouillée, et elle était vide. Elle était meublée avec une économie de moyens impressionnante, et l'absence de toute décoration les alertait. Un coup d'oeil jeté aux placards leur suffit pour s'apercevoir qu'ils étaient vides de tout vêtement humain.

« Nous avons un méchari à bord, monsieur, » déclara Pavel avec à-propos. Et il était temps de le chercher. Si celui-ci parvenait à passer outre la surveillance de l'étroit passage qui reliait leurs deux vaisseaux, tout l'équipage du Dernier Repos serait en danger.
« Allons-y. »

Ils se coordonnèrent cette fois avec le reste des faucheurs pour trouver leur cible : en quelques minutes, elle était localisée. A en juger par les vitraux que l'on apercevait, il s'agissait d'une chapelle - Sergueï et Pavel grimacèrent de concert. De nouveau, le premier frappa poliment à la porte.
« Encore un instant, je vous prie. »
La voix synthétique provenait bien d'un méchari, un mâle, et les faucheurs profitèrent de l'instant gracieusement accordé par Sergueï pour prendre position autour des accès de la salle et ajuster leur visée. Lorsqu'il parut, il portait une veste simple bordées de franges dorées qui se mariait à la perfection avec la couleur de son châssis. Son noyau bleuté luisait dignement dans la lumière vive des cierges, et un enregistrement de cantiques chantés par ce que l'on imaginait être de parfaits petits anges blonds tournait en fond sonore, ajoutant à la délicatesse de la scène. Sergueï soupira. Alors que trois arcaneros disparaissaient pour atteindre le fond de la chapelle et bloquer toute issue, Sergueï se présenta. Le méchari, Lex Quadrilon, fit de même.
« Malheureusement, monsieur, je crains que nous n'ayons pas le temps de faire connaissance pour le moment, » ajouta Sergueï tandis que Lex Quadrilon acquiescait et qu'un cliquetis métallique annonçait l'arrivée imminente d'une arme entre les mains de son adversaire. Le mordesh avait le bon sens de reconnaître quand ses pistolets se révélaient un inconvénient plus qu'un atout. « Nous discuterons donc plus tard. Messieurs, » acheva-t-il poliment en tournant les talons, « décapitez notre invité proprement et scellez sa tête. Nous discuterons plus tard.»
Il esquiva la balle qui passait en sifflant le long de son oreille et écouta les sept autres détonations, puis le bruit de l'arme du méchari qui touchait le sol dans un tintement métallique, rapidement suivi du bras désagrégé. Il leva la main pour examiner les dégâts subis par le mur. Heureusement, rien d'important n'avait été touché.

« Je vous remercie, Pavel, » murmura Sergueï en s'éloignant pour laisser faire les faucheurs. Il était certain d'avoir aperçu au cours de la fouille une splendide baignoire de marbre noir.
Pavel abaissa son fusil lourd à lasers multiples en levant de nouveau les yeux au ciel. Mais de rien. Comme il était simple d'être courtois et de tourner le dos à un ennemi armé quand on avait quelqu'un pour faire dévier le tir. C'était une chance, pourtant, s'il s'était trouvé du bon côté pour pousser le bras du robot et avait pu tirer dedans sans blesser personne d'autre. Il soupira en ramassant l'arme du méchari et songea qu'il pourrait en faire quelque chose d'intéressant. Rejoignant Sergueï, il cala son fusil en travers de son épaule. Il savait que s'il mentionnait cela le second se contenterait de sourire comme s'il avait tout calculé, ou de lui taper l'épaule en affirmant que la chance serait toujours - toujours - de leur côté.

« Vous devriez faire plus attention. Je ne serai pas toujours là pour vous sauver la vie. »
« Ah non ? »
Comme souvent, il avait le sentiment de n'avoir été qu'à moitié écouté. La main ravie que Sergueï faisait courir sur le rebord de pierre le confortait dans cette idée.
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Lucius Emerson

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Re: [Récit] La mort n'est qu'une étape.

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